Les études validant l’usage des spiromètres portables connectés (Société Française de Pneumologie de Langue Française, ERS, ATS, revue The Lancet Respiratory Medicine) soulignent que la reproductibilité des tests « à domicile » dépend :
- De la qualité de l’appareil (homologation médicale indispensable, conformité CE, normes ISO 26782 ou équivalent).
- De la formation initiale à la réalisation des manœuvres (lignes directrices SPLF : une explication, une première supervision à distance ou en présence).
- De l’usage encadré, avec possibilité de répéter les mesures en cas de doute, et de dispositifs de validation automatique de la courbe débit-volume (fonction d’aide intégrée à l’application).
- D’une conformité du patient aux instructions, limitant les erreurs par variance contextuelle (mal positionné, effort insuffisant, appareil encrassé).
Malgré un taux de réussite élevé (plus de 80 % des manœuvres exploitables chez l’adulte, selon des essais randomisés1), il existe des risques résiduels : courbes ininterprétables, sous-estimation du trouble, oublis de saisies ou fausses données envoyées (manœuvres incomplètes). Sur le plan juridique et médical, la décision clinique ne saurait reposer sur un seul résultat à distance isolé. Les grandes tendances, répétées et comparées à la baseline individuelle, là où elles sont instructives (baisse progressive du VEMS, modification du rapport VEMS/CV, fluctuations brusques du DEP), peuvent par contre offrir des signaux d’alerte pertinents, à condition d’analyser l’ensemble dans le contexte clinique et thérapeutique.
1 : Ex. : « Home-based spirometry in chronic respiratory disease: a systematic review », The Lancet Respiratory Medicine, 2021.