L’asthme touche environ 4 millions de personnes en France, dont 10% d’enfants (source : Assurance Maladie, données 2022). Si la prévalence adulte est estimée à 6-7%, elle croît régulièrement depuis vingt ans, de pair avec la progression observée dans les pays industrialisés (Santé Publique France). Cette tendance, bien documentée, s’accompagne d’une légère baisse de la mortalité liée à l’asthme (environ 900 décès annuels, surtout chez l’adulte âgé).
Les professionnels de santé pointent toutefois la persistance de formes sévères, peu prévisibles, engendrant des hospitalisations évitables (20 000 à 30 000 admissions/an selon les données PMSI 2019). Les exacerbations restent un défi, alors qu’elles témoignent d’inadéquations multiples : observance, comorbidités, accessibilité ou pertinence des soins.
Disparités territoriales et sociales : où sont les poches d’incertitude ?
Tous les territoires ne sont pas égaux face à l’asthme : les taux de prévalence et d’hospitalisation culminent en Île-de-France et dans les départements d’Outre-mer (notamment la Guadeloupe : 9,2% chez l’enfant de 9-11 ans, étude ISAAC). Les facteurs de vulnérabilité (pollution atmosphérique, précarité, conditions de logement) sont largement démontrés par les épidémiologistes et connus des cliniciens, mais restent complexes à traiter en pratique. Par exemple, le taux de recours aux soins spécialisés demeure inférieur à la moyenne nationale dans certains quartiers urbains et zones rurales (score EDI, Atlas Santé Respiratoire 2022).