Les relations entre pollution atmosphérique et asthme ne relèvent plus aujourd’hui du débat d’experts. Plusieurs grandes études épidémiologiques – notamment l’ESCAPE project (European Study of Cohorts for Air Pollution Effects) et la cohorte française PARIS – démontrent que la pollution urbaine, en particulier les particules fines (PM2,5 et PM10), les oxydes d’azote (NOx) et l’ozone (O₃), joue un rôle direct dans la survenue d’exacerbations, la perte de contrôle de la maladie, voire l’incrémentation du risque de développer un asthme d’apparition tardive [Lancet Respir Med, 2020 ; Am J Respir Crit Care Med, 2014].
- Particules fines : Capables de pénétrer profondément dans l’arbre bronchique, elles entraînent une inflammation locale, du stress oxydatif et une aggravation du bronchospasme.
- Oxydes d’azote : Majoritairement issus du trafic routier, ils fragilisent l’épithélium bronchique et sont associés à une augmentation de la réponse allergique.
- Ozone : Formé par réactions photochimiques, il exacerbe la bronchoconstriction lors des périodes de pics estivaux.
Un chiffre fort : chez l’enfant asthmatique, chaque augmentation de 10 µg/m³ de PM2,5 est associée à une hausse de 15 à 20% des consultations d’urgences pour crise d’asthme [WHO Air Pollution and Child Health, 2018]. Les impacts sont d’autant plus marqués chez les sujets jeunes, âgés, ou souffrant d’asthme sévère.