Selon la SPLF, le diagnostic d’asthme ne doit jamais être posé uniquement sur les signes cliniques. Il faut chercher la preuve formelle d’une obstruction bronchique objectivable et réversible.
Épreuve fonctionnelle respiratoire (EFR ou spirométrie)
- Confirmation de l’obstruction : VEMS/CVF (rapport volumique) < 70 % de la valeur prédite, hors contexte d’exacerbation aiguë.
- Variabilité et réversibilité :
- Amélioration du VEMS ≥ 12 % et ≥ 200 mL après inhalation de bronchodilatateur rapide (ex : salbutamol) : signature classique d’asthme.
- À défaut, variation significative du DEP (débit expiratoire de pointe) ≥ 20 % matin/soir sur 2 semaines (à domicile) peut suffire.
- Aspect restrictif ou normal initial : l’asthme n’exclut pas une spirométrie initialement normale, surtout hors crise : 20 % des asthmes adultes sont pauci- ou asymptomatiques entre les exacerbations (source : J. Benhamou, Revue des Maladies Respiratoires 2021).
Tableau récapitulatif des critères spirométriques :
| Test | Valeur évocatrice d’asthme |
| VEMS/CVF | < 70 % (hors contexte aigu) |
| Réversibilité VEMS post-BD | Augmentation ≥ 12 % et ≥ 200 mL |
| Variation DEP quotidienne | ≥ 20 % |
Attention cependant : 30 à 50 % des adultes suspects d’asthme ont des EFR normales si la période est asymptomatique. D’où l’intérêt du suivi prolongé ou de tests d’hyperréactivité bronchique.
Quand recourir au test de provocation bronchique ?
Si la spirométrie est normale mais les symptômes typiques, un test d’hyperréactivité bronchique (méthacholine ou histamine) est indiqué :
- Positif si chute du VEMS ≥ 20 % pour une dose < 8 mg/mL de méthacholine (source : SPLF, GINA 2023).
- Un test négatif permet d’exclure l’asthme avec une bonne sensibilité.
Ce test est réservé aux situations non claires. Par ailleurs, il existe des faux positifs, notamment chez les fumeurs ou en BPCO débutantes (d’où l’intérêt d’un contexte clinique solide).