Le choix d’un traitement inhalé ne se limite pas à la molécule ou à la classe pharmacologique. Il inclut l’adéquation entre pharmacodynamie et appareil utilisé, la comorbidité, le contexte psycho-social, et la capacité du patient à absorber correctement le médicament (2). La France suit globalement les grandes lignes fixées par le Global Initiative for Asthma (GINA), le Global Initiative for Chronic Obstructive Lung Disease (GOLD), et la Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF), mais la mise en pratique révèle certains écueils.
- Personnalisation : Adapter la sélection du dispositif d’inhalation (aérosols-doseurs pressurisés—pMDI, inhalateurs de poudre sèche—DPI, nébuliseurs) aux limitations motrices, cognitives et au profil patient (âge, arthrose, coordination, dyspraxie, etc).
- Prudence dans la polymédication : Prendre en considération la charge thérapeutique totale, pour éviter la confusion et les chevauchements inutiles, notamment chez les personnes âgées.
- Hiérarchisation selon la gravité : Prioriser l’escalade ou la désescalade thérapeutique en fonction des exacerbations, du contrôle clinique et de l’accès social.
Un écueil persiste : le décalage entre prescriptions théoriquement «notifiées» selon les guidelines et la réalité de l’utilisation chez le patient. Les audits hospitaliers et communautaires montrent que près de 20 % des patients asthmatiques adultes n’utilisent pas le bon dispositif ou la bonne dose, ce qui expose à des exacerbations évitables (3).