1. Bronchodilatateurs anticholinergiques : la place du tiotropium
Bien que la bronchite chronique ne s’accompagne pas systématiquement d’obstruction bronchique, des études récentes (Paganin et al., Chest, 2022) confirment qu’en cas de toux chronique avec hypersécrétion et gêne à l’effort, un anticholinergique inhalé comme le tiotropium (Spiriva®) diminue la fréquence des exacerbations et améliore la qualité de vie, même en dehors d’une BPCO avérée.
- Effet bronchodilatateur, mais surtout amélioration du drainage bronchique
- Sécurité à long terme bien établie (profil d’effets indésirables essentiellement local : sécheresse buccale, irritation pharyngée)
- Intérêt particulier chez les patients présentant des symptômes mixtes (bronchite chronique + obstruction modérée)
2. Agents mucolytiques et expectorants
L’usage des mucolytiques (N-acétylcystéine, carbocistéine, ambroxol) est largement répandu, soutenu par une méta-analyse Cochrane (Zheng et al., 2021) montrant :
- Une diminution modeste mais significative de la fréquence des exacerbations (-0,16 exacerbation / patient / an : le chiffre compte pour des patients polypathologiques)
- Effet favorable sur la viscosité du mucus, facilitant l’expectoration
- Tolérance satisfaisante, effets indésirables limités (digestifs, rares hypersensibilités)
Ils ne réduisent pas significativement la mortalité ou le déclin fonctionnel, mais améliorent la symptomatologie quotidienne chez un sous-groupe bien sélectionné : formes avec hypersécrétion, patients gênés par la viscosité bronchique.
3. Beta2-agonistes inhalés
Les bêta2-agonistes (salbutamol, formotérol, etc.) n’ont pas d’indication systématique dans la bronchite chronique pure, mais peuvent être proposés en traitement de secours lors des épisodes de dyspnée aiguë ou chez les patients ayant une composante obstructive documentée par la spirométrie. Leur intérêt isolé sur la toux ou les expectorations reste faible (GOLD 2023).
4. Corticoïdes inhalés et systémiques : restreindre leur usage
Les corticoïdes inhalés n’ont aucune place dans la bronchite chronique non obstructive. Leur efficacité sur les symptômes (toux, expectorations) est nulle et leur emploi expose à des risques évitables (candidose buccale, dysphonie, majoration du risque infectieux) (ERS, 2022). Les corticoïdes oraux sont à proscrire en dehors des exacerbations aiguës sévères ou contextes comorbides (asthme overlap).
5. Antibiotiques au long cours : prudence et indications limitées
L’utilisation chronique d’antibiotiques n’est pas recommandée hors situations particulières (bronchectasies associées, colonisation bactérienne documentée, exacerbations fréquentes) – et toujours sous surveillance spécialisée stricte pour limiter l’émergence de résistances (British Thoracic Society, 2019).