Pourquoi vacciner les adultes à risque contre le pneumocoque ?

Le pneumocoque (Streptococcus pneumoniae) peut provoquer des infections bénignes, comme certaines otites ou pneumonies, mais aussi des infections invasives graves : septicémie, méningite ou bactériémie. Le risque augmente lorsque les défenses immunitaires sont diminuées ou lorsque les poumons, la rate ou les reins sont fragilisés.

La vaccination ne protège pas contre toutes les pneumonies, mais elle réduit le risque lié aux sérotypes pneumococciques couverts par le vaccin. Elle s’intègre dans une prévention globale comprenant notamment la vaccination contre la grippe, l’arrêt du tabac et la prise en charge des maladies chroniques.

Quels adultes sont concernés par la recommandation ?

En France, la vaccination antipneumococcique est recommandée chez les adultes présentant une situation médicale les exposant davantage aux infections invasives à pneumocoque, dès l’âge de 18 ans. Les principales situations à risque comprennent notamment :
La liste exacte et l’interprétation du risque doivent être vérifiées avec le médecin, car le calendrier peut dépendre de la maladie, du traitement en cours et de l’historique vaccinal. Les recommandations officielles sont consultables sur le calendrier des vaccinations du ministère de la Santé.

Le schéma actuellement recommandé chez l’adulte à risque

Pour un adulte à risque qui n’a jamais été vacciné contre le pneumocoque, le schéma de référence repose sur une dose unique de vaccin pneumococcique conjugué 20-valent, le VPC20, commercialisé notamment sous le nom de Prevenar 20.

Ce vaccin couvre 20 sérotypes de pneumocoque. Il est dit « conjugué » car les antigènes pneumococciques sont associés à une protéine porteuse, ce qui permet une réponse immunitaire plus robuste et une mémoire immunitaire. La vaccination est généralement réalisée par voie intramusculaire, le plus souvent dans le deltoïde.

À ce jour, le schéma de référence ne prévoit pas de rappel systématique annuel. Une nouvelle dose ne doit pas être décidée automatiquement : elle dépendra de l’évolution des recommandations, de l’état de santé et des antécédents vaccinaux.

Rattrapage après une vaccination ancienne

De nombreux adultes à risque ont déjà reçu un vaccin pneumococcique plus ancien : le VPC13, vaccin conjugué à 13 valences, ou le VPP23, vaccin polysaccharidique à 23 valences. Le rattrapage consiste à compléter la protection avec une dose de VPC20 lorsque le délai recommandé depuis la dernière injection est respecté.

Dans les recommandations françaises actuelles, une dose de VPC20 peut être proposée aux adultes déjà vaccinés par VPC13 et/ou VPP23, en respectant un intervalle d’au moins cinq ans depuis la dernière dose de vaccin antipneumococcique. Le délai se calcule donc à partir de la date la plus récente, notamment après une séquence VPC13 suivie de VPP23.

Avant toute injection, il est essentiel de reconstituer l’historique : nom du vaccin, date, nombre de doses et éventuelles complications. Le carnet de vaccination, le dossier médical partagé ou le dossier du médecin peuvent éviter une administration trop rapprochée. En cas d’antécédents incomplets, le professionnel de santé évalue la situation au cas par cas.

Points pratiques pour organiser la vaccination

La vaccination peut être abordée lors d’une consultation de suivi, d’un renouvellement de traitement ou d’une hospitalisation. Le médecin, le pharmacien ou l’infirmier habilité peut vérifier l’éligibilité et le calendrier à appliquer, selon la réglementation en vigueur.

Quelques réflexes sont utiles :
  1. signaler toute maladie chronique, immunodépression, grossesse éventuelle ou traitement immunosuppresseur ;
  2. présenter le carnet de vaccination et les justificatifs disponibles ;
  3. ne pas interrompre un traitement indispensable sans avis médical ;
  4. prévenir le professionnel en cas d’antécédent de réaction allergique grave après un vaccin ;
  5. faire inscrire la dose administrée et sa date dans le carnet de vaccination.

Une douleur au point d’injection, une fatigue ou une fièvre modérée peuvent survenir transitoirement. Une réaction inhabituelle ou importante justifie un avis médical. La vaccination antipneumococcique ne remplace pas les mesures de prévention ni la consultation rapide en cas de fièvre élevée, essoufflement, confusion ou altération brutale de l’état général.

FAQ sur la vaccination antipneumococcique de l’adulte à risque

Une seule dose suffit-elle ?

Pour une personne à risque jamais vaccinée, le schéma de référence est une dose de VPC20. Il n’y a pas de rappel annuel systématique actuellement, mais les recommandations peuvent évoluer.

Que faire si j’ai déjà reçu le VPC13 ou le VPP23 ?

Il ne faut pas recommencer automatiquement toute la vaccination. Une dose de VPC20 peut être indiquée après le délai recommandé, généralement au moins cinq ans après la dernière injection antipneumococcique. Le professionnel vérifie le calendrier individuel.

Le vaccin contre le pneumocoque protège-t-il de toutes les pneumonies ?

Non. Il cible certains sérotypes de S. pneumoniae et ne protège pas contre les pneumonies dues aux virus, aux autres bactéries ou aux sérotypes non couverts. Il reste néanmoins particulièrement important chez les adultes dont le risque de forme grave est élevé.

Peut-on recevoir ce vaccin avec celui contre la grippe ?

La coadministration peut être envisagée avec des injections réalisées sur des sites distincts, selon l’évaluation du professionnel de santé. Le calendrier et les éventuelles contre-indications doivent être vérifiés individuellement sur les recommandations du site de la Haute Autorité de santé.

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